Endettement de l’Italie

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Septième pays au rang mondial en 2010 en termes de Produit Intérieur Brut ou PIB, l’Italie est aussi le troisième pays le plus endetté au monde avec une dette qui s’élève à 2 256 milliards d’euros. La dette italienne constitue le souci majeur actuel des pays de la Zone Euro, car elle pourrait à terme causer le renversement de l’ensemble de la Zone Euro.

La situation alarmante de l’endettement national en Italie.

Une croissance continue et progressive de la dette nationale en Italie

Le problème de la dette nationale en Italie ne date pas d’hier. En effet, il remonte déjà dans les années 1990 qui ont vu la dette italienne croître de façon rapide et continue avec un taux annuel 5,6%. Ce qui n’est pas sans conséquence grave, car la dette nationale en Italie a donc presque doublé en l’espace d’une décennie et est passée de 776 milliards à 1 282 milliards d’euros. Si ce rythme a connu une baisse assez notable à partir des années 2000 avec un taux qui s’est réduite de 1,4% par trimestre à 0,9%, il n’a pas pour autant permis d’endiguer le fléau, car la dette nationale en Italie n’a cessé d’augmenter. De ce fait, elle a atteint le triste record de 1 902 milliards...



d’euros au second trimestre de l’année 2011. Ce qui constitue une hausse de 47% par rapport au premier trimestre de l’année 2000. Cette situation a été sans nul doute aggravée par la crise financière et les plans de relance hasardeux qui n’ont pas apporté grand-chose à l’économie italienne. Ainsi, les premiers trimestres des années 2008 et 2009 ont enregistré des hausses respectives de 3,1% et de 4,7% de la dette nationale en Italie. En tout, de 2008 à 2011, la crise a alors coûté à l’Italie la bagatelle de 250 milliards d’euros de dettes supplémentaires.

Un endettement de plus en plus coûteux pour l’Italie

Pour un particulier, l’endettement entretient toujours un mécanisme vicieux en ce sens qu’il est facile de commencer à contracter des prêts, mais il est très difficile de s’arrêter. Il en est de même à l’échelle nationale où les lignes de crédit se succèdent et se multiplient à des taux de plus en plus élevés, voire exorbitants, pour rembourser les précédentes. Dans le cas de la dette nationale en Italie, le constat est triste, mais bien réel avec un taux d’intérêt sur le long terme qui atteint aujourd’hui un niveau exceptionnel de 7,2% si celui-ci n’était encore qu’à 4% au premier trimestre de l’année 2011. Cette augmentation du taux d’intérêt n’est pas sans conséquence néfaste, car elle entraîne une hausse mécanique du coût de la dette nationale en Italie. Or, l’Italie se trouve dans l’obligation de s’endetter encore et toujours pour assurer ses dépenses de fonctionnement ainsi que ses échéances de remboursement. D’où un endettement de plus en plus coûteux alors pour le pays. Ainsi, la dette nationale en Italie équivaut à 120% du Produit Intérieur Brut en cette année 2012. Néanmoins, le rapport entre le déficit et le PIB devrait enregistrer une baisse en 2013 selon les prévisions des différents économistes de la Zone Euro.

L’état inquiétant des finances régionales en Italie

L’Italie compte 20 régions qui sont le Piémont, le Val d’Aoste, la Lombardie, le Trentin-Haut Adige, la Vénétie, la Frioul-Vénétie Julienne, la Ligurie, l’Emilie-Romagne, la Toscane, l’Ombrie, la Marche, le Latium, l’Abruzzes, la Molise, la Campanie, les Pouilles, la Calabre, la Basilicate, la Sicile et la Sardaigne. Cinq d’entre elles bénéficient d’un statut spécial qui a été approuvé par le Parlement italien et élevé au rang de loi constitutionnelle. Il s’agit des régions de Sicile, Sardaigne, Trentin-Haut Adige, Frioul-Vénétie Julienne et Val d’Aoste. Ce qui leur confère alors des pouvoirs élargis en matière de législations, d’administration et de fiscalité. Par la même occasion, elles ne sont pas obligées de rendre des comptes à l’État central. Dans le cas de l’Italie, le problème de l’endettement ne concerne pas uniquement l’État. En effet, il existe de nombreuses régions qui sont lourdement endettées. Les plus touchées par la situation d’endettement sont celles situées au sud du pays. Dans cette optique, la Sicile se retrouve en première ligne avec une dette régionale qui s’élève à plus de 21 milliards d’Euros. Ce qui constitue le double de la dette enregistrée il y a dix ans passés. Pour combler les finances publiques de la région, l’État italien s’est même vu débourser en urgence la somme de 400 millions d’Euros. La région de Sicile n’est pas la seule à se trouver dans la ligne de mire puisque plusieurs autres régions ont aussi des finances publiques dans un état des plus déplorables. Il s’agit notamment des régions de Palerme, Naples, Calabre, Latium, Toscane, Lombardie, Ombrie, Venise, Campanie et Abruzzes Ce qui les contraint à demander l’aide de l’État central pour survivre. Ces dettes abyssales résultent dans la majeure partie des cas d’une politique de gestion incohérente qui a permis pendant longtemps à toutes les régions de vivre bien au-dessus de leurs moyens. Les mauvaises pratiques ne sont pas non plus en reste avec des emplois fictifs et un nombre de fonctionnaires anormalement élevé avec des traitements scandaleux. Les régions de l’Italie qui se retrouvent dans l’œil du cyclone sont Palerme, Naples, Sicile, Latium et Calabre où des enquêtes judiciaires ont même été diligentées pour cause de malversations financières et émission de fausses factures.

Les villes les plus endettées en Italie

Trois principales raisons sont à l’origine des dettes nationales qui ne cessent de croître jusqu’à atteindre son niveau actuel de 85% du Produit Intérieur Brut dans les pays industrialisés. Il s’agit des grands travaux publics approuvés en déficit, des dépenses militaires et des coûts relatifs à la vie politique. L’Italie se trouve aujourd’hui dans la même situation. Actuellement, la ville de Turin est la plus endettée du pays et elle est notamment causée par les dépenses déficitaires qui ont été engagées pour financer les grands travaux publics dans le cadre des Jeux Olympiques d’hiver en 2006. Après Turin, il existe aussi d’autres villes dont la situation financière est des plus fragiles. Il en est ainsi pour la ville de Naples, Alessandria et Reggio.

Consulter l’endettement dans d’autres pays :

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Photo par CafeCredit.com (Creative Commons)

One Reply to “Endettement de l’Italie”

  1. Certes l’endettement de l’Italie est dramatique, mais il y a toujours un tissu familiale très serré en Italie ce qui a permis a ce peuple de survivre de générations et de vivre encore la vita bella dans le futur.

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